Montage d'un film de marque en cours, image tirée d'un projet du monteur vidéo montréalais Victor Tamarit

Quelle Durée pour un Film de Marque

La réponse honnête, c'est que l'histoire décide de la durée, pas le brief du client. Mais comme vous êtes probablement en train de planifier un budget, un livrable ou un déploiement sur une plateforme, une réponse plus utile ressemble à ceci. Il existe des fourchettes qui fonctionnent pour chaque type de film de marque, et comprendre ce qui fait varier la durée à l'intérieur de ces fourchettes vous aidera à cadrer votre projet sans travailler contre la matière.

Cette page s'adresse aux gestionnaires de marque, aux directeurs marketing et aux producteurs qui essaient de déterminer la durée appropriée pour leur film de marque. Je vais vous présenter les fourchettes typiques pour chaque format, ce qui fait varier la durée à l'intérieur de chaque fourchette, et les erreurs qui viennent de décider la durée avant l'histoire.


Les fourchettes qui fonctionnent en pratique

Voici les fourchettes que je vois fonctionner dans les vrais projets. D'autres monteurs vous donneront des chiffres différents selon leur propre expérience, mais les ordres de grandeur sont cohérents sur le marché canadien.

Documentaire de marque : 5 à 20 minutes. La catégorie la plus large. Un documentaire de 5 minutes peut porter une étude de personnage ciblée avec un seul sujet et un arc narratif clair. Un documentaire de 20 minutes a la place pour plusieurs personnages, des fils narratifs parallèles et des scènes plus longues qui construisent l'émotion. La durée qui convient dépend entièrement de ce que la matière peut soutenir.

Film de marque vedette pour site web : 3 à 7 minutes. La pièce phare qui vit sur la page d'accueil ou sur la page principale de la marque. Assez courte pour que les spectateurs la terminent, assez longue pour construire une vraie histoire. Trois minutes peuvent fonctionner pour une étude de personnage tranchante. Cinq à sept minutes, c'est le point d'équilibre pour la plupart des films vedettes.

Version pour les réseaux sociaux : 30 secondes. La plateforme décide de la durée ici. Plus long et vous perdez les spectateurs avant que l'histoire n'atterrisse.

Bande-annonce : 30 secondes à 90 secondes. Le rôle de la bande-annonce est de créer de la curiosité pour le film complet, pas de livrer l'histoire en miniature. Cette contrainte tend à produire les montages les plus tranchants.

Documentaire de marque en format long : 45 à 75 minutes. Le format le plus rare. Le format long exige une histoire suffisamment substantielle pour soutenir l'attention, et une stratégie de distribution qui justifie l'investissement. La plupart des documentaires de marque qui visent le format long auraient dû faire 20 minutes.


Ce qui fait varier la durée à l'intérieur de chaque fourchette

Un même format peut varier de 50 pour cent en durée selon quelques facteurs.

Le nombre de personnages. Un film qui suit une personne est habituellement plus court qu'un film qui en suit trois. Chaque personnage a besoin d'espace pour être présenté, développé et résolu. Si vous ne pouvez pas donner à un personnage 90 secondes de temps d'écran significatif, il ne devrait probablement pas être dans le film.

La complexité de l'arc narratif. Une histoire simple, avec un sujet, un point de bascule et une résolution, peut atterrir en 4 minutes. Une histoire en couches avec des fils narratifs parallèles et du contexte historique demande plus d'espace, souvent 10 à 15 minutes.

Le contexte du public. Un film fait pour un public de l'industrie qui comprend déjà les enjeux peut être plus court. Un film fait pour un public général doit construire ce contexte avant que l'histoire ne puisse atterrir, ce qui ajoute des minutes.

Le palier de distribution. Un film destiné à un festival ou à une plateforme de streaming accommode des durées plus longues parce que le spectateur s'est engagé à regarder. Un film qui vit sur un site corporatif ou LinkedIn a une fenêtre d'attention plus étroite et doit habituellement être plus serré.

Là où les films de marque se trompent sur la durée

Quatre erreurs reviennent régulièrement dans les projets qui ratent leur cible.

Perdre l'histoire en essayant de plaire à tout le monde

L'échec le plus fréquent. Un film commence avec une idée claire pendant la production, mais quelque part en postproduction, le montage doit accommoder trop de parties prenantes, et le montage final devient un collage de moments qui ne plaît à personne. Personne ne peut dire exactement pourquoi le film n'atterrit pas, mais tout le monde le sent. C'est presque toujours un problème éditorial déguisé en problème de durée. Le montage a perdu le fil de l'histoire, et ajouter ou couper des minutes ne réglera rien.

Jouer la carte de la sécurité

Un film de marque qui refuse de prendre le moindre risque éditorial est un film que personne ne retient. Rythme sûr, musique sûre, structure sûre. Ces films atterrissent habituellement à une durée acceptable mais échouent à leur vraie mission, qui est de faire ressentir quelque chose. Un film de marque qui joue la sécurité est souvent 10 pour cent trop long, parce que le montage n'a pas de conviction sur ce qu'il faut protéger et ce qu'il faut couper.

Trop couper jusqu'à ce que l'émotion disparaisse

L'erreur inverse. Un film se fait recouper pour la durée, scène par scène, jusqu'à ce que les moments qui auraient porté l'émotion soient rabotés en livraison d'information efficace. Le film est maintenant 90 secondes plus court et 40 pour cent moins efficace. L'émotion au montage documentaire exige de l'espace, et l'espace exige de la durée.

Forcer une histoire lente dans un livrable rapide

Un client commande un film de marque sur un sujet qui a besoin de se déployer patiemment, puis demande une version de 90 secondes avec le même impact que la version complète. L'histoire n'a pas le temps de se développer. Les temps forts émotionnels atterrissent avant d'avoir été gagnés. Le film échoue parce que le format était mauvais pour la matière dès le départ, pas parce que le montage était mauvais.


Les contraintes et le métier du montage

Voici l'autre côté de la question de la durée. Les contraintes de plateforme ne sont pas toujours l'ennemi. Un film fait pour un emplacement de 2 minutes sur LinkedIn, ou pour un pré-roll YouTube de 45 secondes, force une discipline éditoriale qui peut rendre une pièce plus tranchante. La créativité tend à venir du travail à l'intérieur des limites, pas du fait de les ignorer.

La vraie habileté éditoriale, c'est de savoir quelles scènes servent l'histoire et lesquelles sont dans le chemin, même quand les scènes dans le chemin sont magnifiques. Les monteurs appellent parfois ça « tuer ses propres bébés », et c'est l'une des leçons les plus difficiles du métier. Une scène peut être puissante en elle-même et quand même vider le momentum du film qu'elle habite. Un moment peut être émotionnellement vrai et être quand même le mauvais moment pour finir. Une grande ligne d'entrevue peut quand même devoir partir, parce que le plan avant elle avait déjà fait le même point.

La bonne durée pour votre film de marque, c'est la durée à laquelle chaque scène qui reste mérite sa place. Pas une minute plus longue, pas une minute plus courte.


Comment réfléchir à la durée avant de commencer

Trois questions à répondre pendant le cadrage, avant la première journée de production.

Quelle est l'histoire que vous essayez de raconter, et veut-elle naturellement être courte ou longue ? Certaines histoires sont des histoires de 3 minutes. Certaines sont des histoires de 15 minutes. Prétendre le contraire produit un film plus faible.

Où le film vivra-t-il, et quelle est la fenêtre d'attention réaliste ? Un film vedette sur une page d'accueil a une fenêtre d'attention différente d'une soumission de festival. La durée doit correspondre au contexte de visionnement.

Vous engagez-vous à un seul film ou à plusieurs livrables ? Un film vedette de 12 minutes avec une bande-annonce de 90 secondes et une version sociale de 30 secondes est un projet différent d'un seul film de 12 minutes. Chaque livrable a besoin d'attention éditoriale propre, pas de recoupes automatisées.

Avec des réponses honnêtes à ces trois questions, la discussion sur la durée devient beaucoup plus simple.


Travailler avec un monteur qui respecte l'histoire

Je travaille comme monteur vidéo freelance basé à Montréal, monteur de films de marque et documentaires portés par l'histoire pour des agences, des maisons de production et des marques à travers le Canada. La conversation sur la durée est une conversation que j'ai sur presque chaque projet, et mon approche est constante. L'histoire me dit la durée. Mon travail est de protéger les scènes qui portent le film, de couper celles qui ne le portent pas, et de défendre la durée que la matière a gagnée.

Si vous planifiez un film de marque et que vous voulez discuter de la bonne durée pour votre histoire, parlons-en.


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